Critique Film : The Batman – Le chevalier noir version polar sombre
Oubliez les gadgets high-tech et l'héroïsme flamboyant. Avec The Batman, le réalisateur Matt Reeves nous plonge dans une Gotham City poisseuse, sous une pluie battante, pour un film qui tient plus du polar noir type "Seven" que du blockbuster de super-héros classique. Une proposition radicale qui redonne une âme au justicier masqué.
Une enquête viscérale
Le film suit un Bruce Wayne (interprété par un Robert Pattinson ténébreux et fragile) qui n'en est qu'à sa deuxième année d'exercice. L'intrigue se concentre sur une traque haletante contre le Sphinx (Paul Dano), un tueur en série qui sème des énigmes sanglantes. Ce Batman-là est avant tout un détective, évoluant dans une ambiance de corruption généralisée où l'espoir semble avoir déserté la ville.
Une esthétique magistrale
Visuellement, le film est un choc. La photographie de Greig Fraser joue sur des contrastes de rouge et d'ombre, créant une atmosphère étouffante mais fascinante. La Batmobile, brute et rugissante, incarne parfaitement cette vision réaliste et brutale du personnage. Le tout est porté par le thème entêtant de Michael Giacchino, qui résonne comme une marche funèbre.
Les points forts :
- L'ambiance : Une immersion totale dans une Gotham plus réaliste que jamais.
- Robert Pattinson : Une incarnation intense et introspective du héros.
- La mise en scène : Des séquences d'action lisibles et percutantes (la course-poursuite sous la pluie).
Les points faibles :
- La durée : Près de 3 heures de film, un rythme parfois lent qui peut peser.
- Le dernier acte : Un final un peu plus conventionnel par rapport au reste du film.
Note de la rédaction : 8/10
Un thriller psychologique sombre et audacieux. Matt Reeves réussit le pari de réinventer une icône sans trahir ses racines, offrant une œuvre dense et plastiquement irréprochable.